Aux ami·es qui cheminent avec nous

Il y a un an, nous créions Des Ecoles Pour le Chiapas.

Inspiré-es par nos camarades de ce coté et de l’autre de l’Atlantique.

Par les promoteurices d’éducation de la-bas.

Par les AESH d’ici.

Par les profs de toutes les géographies.

Pendant un an, nous avons tourné nos regards vers nos companeroas du Chiapas, au Mexique, en 2024-2025.

Là-bas, malgré les attaques des mauvais gouvernements allié au crime organisé (voir Chiapas, crime organisé et violence d’Etat), iels ont résisté, ont planté les graines de la vie, de l’organisation d’en bas et à gauche, de la digne rage, pour faire pousser les racines d’un monde d’après la tempête.

En cette fin de mois d’aout, grâce à vous, nous avons pu donner 100 euros à Schools for Chiapas – association outre Atlantique constituée de zapatistes et de leurs ami-es, qui soutient dans les communautés les initiatives pour l’éducation populaire, la santé, l’autonomisation des femmes, entre autres.

Nous avons également pu donner la même somme au Centro de Derechos Humanos Fray Bartolome de las Casas, ou Frayba, association de défense des droits humains au Chiapas.

En un an, nous avons relayé la lutte zapatiste, oui.

Mais pour sentir se lever le vent de l’espoir,

pour voir des personnes construire concrètement un monde dans lequel de multiples mondes cohabitent,

pour soutenir des ami-es qui luttent contre l’hydre capitaliste,

nul besoin de tourner son regard vers le Chiapas.

Nous pensons aux mains des copaines qui déchargent des cagettes de récup, qui épluchent des légumes, qui préparent à manger pour que d’autres copaines puissent venir se nourrir à prix libre, en soutenant des causes diverses.

On pense à toustes les personnes qui travaillent dans une éducation pas trop populaire (je crois qu’on la dit nationale) mais qui se lèvent chaque matin avec l’idée secrète que peut être, aujourd’hui, iels feront ou diront quelque chose qui plantera dans l’esprit de petit·es ou grand·es une graine de résistance.

On pense aux anarchistes, qu’on dit éteints, aux syndicats, qu’on dit étouffés par la bureaucratie et l’embourgeoisement. Pourtant, nous, cette année, on les a vus les syndicats anarchistes. On a vu des copaines s’organiser à la force du poignet pour ouvrir des permanences syndicales, faire de la radio, s’entraider et s’organiser entre travaillereuses et maintenir des liens avec d’autres syndicats anarchistes, dans le monde, qui font le même chose dans leurs propres géographies. (voir Global May Day).

On pense aux marches interdites qui ont eu lieu quand même, à toustes les pédales qui se sont tenu la main dans les manifs pour la Palestine, en criant plus fort que tout le monde : ! تحيا فلسطين

On pense à la force des personnes aux genres et amours multiples qui refusent de rester englouties dans le rêve néolibéral

qui savent que de la même façon que d’autres qui leur ressemblaient furent toujours là,

dans les futurs, désirables ou non, iels seront là, à s’organiser.

(nous sommes partout, il faudra vous y faire)

On a une pensée pour nos camarades qui relaient les voix de la colère qui gronde. Un souffle, un tract, une brochure. Et des voix qui lisent, qui chantent, contre le mépris et l’oubli. Qui déterrent ce qui est à peine enfoui.

Nous saluons tous les camarades qui se battent chaque jour pour ne pas abandonner à l’utopie l’idée d’un monde où la valeur qu’on produit nous revient. Car c’est bien possible, et comme a dit un camarade récemment :

« On nous dit que si on leur demande de payer plus, les riches vont partir. Eh bien, qu’ils s’en aillent ! On sera ravi·es de les voir dégager. On leur tiendra même la porte. Et quand ils seront partis, ce sera toujours notre travail qui produira de la valeur. »

D’avoir été avec nous dans cette aventure, nous vous remercions du fond du coeur. DEPC vous souhaite une bonne rentrée et de belles mobilisations cette année… le 10 septembre ou d’autres jours, en France ou ailleurs.

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